SECU. Dépendance : le chantier (de démolition) de 2011

A lire : Articles de Fernand BECKRICH dans les derniers numéros de l’Ecole de France
dimanche 17 avril 2011
par  Webmestre FSU 57
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La droite décomplexée ne chôme pas

145 000, c’est le nombre de chômeurs en Lorraine (sur 2,3 millions d’habitants), chiffres publiés en janvier par l’INSEE. Mais s’il en est un qui ne chôme pas, c’est bien Gérard Longuet, le président du groupe UMP au Sénat et ancien président de la Région Lorraine. Après la contre-réforme des retraites, lui et ses amis, en collaboration étroite avec le MEDEF, banques et assurances notamment, ne sont pas en position d’attente pour 2012 : ils entendent continuer en 2011 le chantier de démolition de la Sécu*, et tout particulièrement dans son chapitre « dépendance ». Selon certaines estimations 11 millions de personnes auront 75ans en 2050. Selon les statistiques des assurances, 15% de la génération atteignant 65 ans et 60% de celle atteignant 90 ans deviendraient dépendantes.

Les cyniques se lâchent

Alain Minc, conseiller de Sarkozy, raconte son cas personnel : « J’ai un père qui a 102 ans. Il a été hospitalisé 15 jours dans un service de pointe. Il en est sorti. La collectivité française a dépensé 100 000 € pour soigner un homme de 102 ans. C’est un luxe immense, extraordinaire, pour lui donner seulement quelques mois ou quelques années de vie supplémentaires. Je trouve aberrant qu’on m’ai fait ce cadeau, à l’œil. » Et d’en tirer la conclusion : « Je pense qu’il va falloir s’interroger sur le fait de savoir comment on va récupérer les dépenses médicales des très vieux en ne mettant pas à contribution ou leur patrimoine quand ils en ont ou le patrimoine de leurs ayant droits ».
Ces propos d’une violence extrême donne la ligne politique.
C’est ce que confirme G. Longuet : « La dépendance, c’est tout d’abord une affaire de responsabilité individuelle et familiale. Il faut se préparer à vieillir dépendant, à un moment ou un autre, et donc s’organiser à cet effet par l’épargne, l’assurance, la solidarité intergénérationnelle et ne renvoyer la facture à la collectivité publique que dans des cas minoritaires »

Ils soutiennent la Sécu comme la corde soutient le pendu

Ils veulent sauver les comptes de la Sécu tout comme leur but en 2010 était de sauver la retraite. Evidemment ! La création d’une « 5ème branche de la Sécu » n’est dans la bouche de Sarkozy qu’un slogan car il sait que l’exigence d’une « branche dépendance » commence à devenir très populaire. Le rapport Rosso-Débord crache le morceau : « la dépendance est le plus souvent un risque assurable par des produits financiers innovants . » Nous y voilà : ils sont tous là, AXA, UAP, Crédit Mutuel et autres Malakoff Médéric (dont le PDG est…Guillaume Sarkozy), et en rangs serrés, la concurrence va être rude, la manne à se partager étant vraiment copieuse. L’allocation de perte d’autonomie (APA gérée par les départements) disparaîtrait progressivement et chacun serait contraint de souscrire un contrat dès 50 ans auprès d’un « établissement labellisé de son choix : mutuelle, société de prévoyance ou société d’assurance ».

*Les 4 branches actuelles sont : la maladie (maladie, maternité, invalidité, décès),les accidents de travail et maladie professionnelles, la vieillesse et le veuvage (retraite) et la famille (dont handicap, logement…)

Campagne d’affolement, encore et toujours !

Une intense campagne idéologique est organisée autour de 3 thèmes : le drame de la maladie d’Alzeimer, le « trou de la Sécu et de ses déficits abyssaux » et la situation de crise généralisée. Les exigences de « la concurrence internationale sans merci » est systématiquement mise en avant. Comme dans le débat sur les retraites, le gouvernement, le MEDEF et les médias veulent mettre les salariés en « état de choc ». Et, comme chacun sait, en « état de choc », ce qui nous caractérise, ce n’est plus notre haut degré de lucidité… Deux lorrains s’illustrent dans cette besogne : le ministre-sénateur Longuet et le député Jacquat, celui qui a rendu possible la retraite à 70 ans, rapporteur de la contre-réforme 2010 des retraites et rapporteur en octobre prochain de la loi « dépendance ».
Les yeux grands ouverts sur les données essentielles
En 2010, 1 140 000 personnes touchaient l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), 700 000 à domicile et 440 000 en établissements. Les dépenses concernant la perte d’autonomie sont de l’ordre de 1% du PIB. D’après les projections, malgré le fort vieillissement de la société, ce nombre de personnes dépendantes ne devrait pas dépasser 1 400 000. Un chiffre intéressant : 73% des plus de 90 ans vivent à domicile… Le coût d’une maison de retraite médicalisée se situe entre 1800 et 3000 € mensuel, à la charge de la personne âgée. Il n’est pas juste que les personnes qui ont perdu leur autonomie doivent en plus financer individuellement leur prise en charge. Une personne atteinte par la maladie d’Alzeimer devra financer l’aide qu’on lui apporte alors qu’une personne touchée par un cancer relèvera de l’hôpital financé par l’assurance maladie, mis à part le forfait hospitalier. Collectivement les coûts sont très supportables, individuellement, ils sont insoutenables. A méditer aussi : 90% des places en maison de retraites construites depuis 2006 le sont par le privé à but lucratif…

L’enjeu du financement

On mesure l’immensité de l’enjeu quand on rappelle que le budget de la Sécu est supérieur de 50% à celui de l’état. Pour le patronat, pour nos « réformateurs », les cotisations sociales sont des « charges » insupportables. Ils sont dans l’obsession de la baisse du coût du travail. Or, pour nous les salariés, du public comme du privé, les prestations via les cotisations sociales sont du salaire, du salaire indirect ou socialisé. Non seulement cette partie du salaire ne doit pas reculer, elle devra progresser ! Pour cela, nous devons mettre en échec le recours programmé au financement de la dépendance par le patrimoine des familles et le recours aux assurances individuelles privées. Nous devons nous opposer aux prétentions des chaînes de maisons de retraites privées.
Après la mobilisation du 2 avril à Nancy
En convergence avec les hospitaliers qui se battent contre la casse massive des emplois, développons partout des collectifs de défense de la Sécu et du système public d’hospitalisation.

La santé, les soins ne sont pas des marchandises ! Les militants du SNUipp et de la FSU y mettront toute leur énergie !


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